Pages

15/02/2017

Trump: Des contacts répétés avec les services secrets russes ?

Partagez !


L'équipe de campagne de Donald Trump a eu des contacts répétés avec de hauts responsables des services de renseignement russes avant son élection à la Maison Blanche, affirme le New York Times. La Maison Blanche tente de calmer la tempête née de la démission du chef du Conseil de sécurité nationale Michael Flynn, mais les interrogations subsistent sur les relations passées - et futures - de l'équipe de Donald Trump avec la Russie.

« Quatre hauts responsables américains », dont certains encore en poste. Le New York Times vise haut et tape fort. Dans son édition numérique, le prestigieux quotidien américain affirme que des conversations téléphoniques enregistrées et des registres de conversations téléphoniques montrent des contacts répétés de l'équipe de campagne de Donald trump avec les services de renseignement russes.

« Les enquêteurs et les services de renseignement américains ont intercepté ces communications à peu près à la même époque où ils découvraient les preuves des tentatives russes de perturber l'élection présidentielle américaine en piratant le Comité national du parti démocrate », précise le New York Times.

La nature de ces supposés appels n'est en revanche pas révélée.

« Je suis un agent des services de renseignement russes »

Le seul membre de l'équipe de campagne du futur président Trump à être mentionné par le NYT est Paul Manafort, ancien président de la campagne du milliardaire républicain et ancien consultant politique en Russie et en Ukraine.

« C'est absurde », a réagi celui-ci auprès du quotidien new-yorkais: « Je n'ai jamais parlé en connaissance de cause avec des membres des services de renseignement russes, et je n'ai jamais été impliqué dans quoi que ce soit avec le gouvernement russe, ou l'administration Poutine, ou quelque dossier que ce soit actuellement objet d'une enquête ».

« Ce n'est pas comme si ces gens là portaient des badges affirmant : "je suis un agent des services de renseignement russes" », a-t-il ironisé auprès du journal.

Selon le NYT, les services de renseignement américains enquêtent afin de déterminer « si l'équipe de campagne de Trump était de mèche avec les Russes dans le cadre de ce piratage ou d'autres tentatives de jouer sur le cours de l'élection ».

Les hauts responsables interviewés par le NYT n'ont jusque-là pas vu d'éléments suggérant une telle coopération.

L'administration Trump en difficulté

Quoi qu'il en soit, la Maison Blanche tente de calmer la tempête née de la démission du chef du Conseil de sécurité nationale Michael Flynn, mais les interrogations subsistent sur les relations passées - et futures - de l'équipe de Donald Trump avec la Russie.

Moins d'un mois après sa prise de fonction, et quelques jours après un revers judiciaire cinglant sur l'immigration, le président républicain de 70 ans a été contraint de se séparer du personnage central de son équipe rapprochée sur les affaires étrangères, qui fut aussi l'un des piliers de sa campagne.

Mis en cause pour le contenu de ses conversations téléphoniques avec l'ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, et la façon dont il les avait relatées au vice-président élu Mike Pence, le général Flynn a jeté l'éponge lundi soir.

Si M. Trump a pris la parole plusieurs fois mardi, il ne s'est jamais exprimé sur le sujet qui tenait Washington en haleine.

Son porte-parole, Sean Spicer, a lui reconnu que le président avait été informé par le ministère de la Justice il y a plusieurs semaines déjà sur les interrogations concernant les appels du général Flynn.

Mais, a-t-il assuré, la Maison Blanche a déterminé que le général Flynn n'avait en aucun cas violé la loi. « Ce n'était pas une question de droit, c'était une question de confiance », a-t-il martelé.

Russie, dossier politiquement sensible

Point de détail troublant: Mike Pence n'avait pas été informé par le président et a donc appris l'affaire par la presse jeudi 9 février.

Loin de clore le chapitre sur la nature exacte des interactions entre l'équipe Trump et le Kremlin au cours des mois écoulés, cet épisode spectaculaire pourrait être l'élément déclencheur de nouvelles investigations.

Conscient que l'épisode pourrait laisser des traces, après une campagne au cours de laquelle le magnat de l'immobilier avait à plusieurs reprises tressé des lauriers au président russe Vladimir Poutine, l'exécutif a tenté d'envoyer des signaux contraires mardi.

« L'ironie est que le président a été incroyablement ferme face à la Russie », a ainsi affirmé Sean Spicer, à la peine cependant pour appuyer ses dires.

La question est politiquement sensible: la Russie est l'un des rares sujets qui a provoqué de réelles tensions entre Donald Trump et les élus républicains du Congrès.

« La démission du général Flynn est une indication troublante du dysfonctionnement actuel de l'appareil de sécurité nationale », a souligné le sénateur républicain John McCain.

« Donald Trump doit aux Américains une explication complète sur les interactions de son administration avec la Russie, avant et après l'élection », a de son côté estimé la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

Lors de ses discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie, en décembre, Michael Flynn avait déjà été désigné à ce poste-clé de conseiller à la sécurité nationale, mais l'équipe Trump était encore en pleine période de transition, trois semaines avant de prendre officiellement les rênes du pouvoir.

Entendu par le FBI

Au moment même où l'administration Obama ordonnait des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans l'élection américaine, Michael Flynn a-t-il assuré à son interlocuteur qu'il ne fallait pas s'inquiéter et que les relations s'amélioreraient après l'investiture le 20 janvier ?

La Maison Blanche a farouchement contesté que Trump ait pu lui donner de telles instructions : « Non, absolument pas. Non, non, non », a répondu son porte-parole.

Lorsque l'existence de ces conversations téléphoniques avait fait surface au tout début de l'année, l'ancien général avait nié toute évocation des sanctions, avant de revenir finalement sur ses dénégations.

Selon le New York Times, Michael Flynn a été entendu par le FBI dans les jours qui ont suivi la prestation de serment de Donald Trump. S'il s'avérait qu'il avait aussi menti alors à la police fédérale sur le contenu de ses conversations, il pourrait s'exposer à des poursuites judiciaires.

Pour l'heure, le général à la retraite Joseph Kellogg a été désigné pour assurer l'intérim. Le vice-amiral Robert Harward, ancien commandant adjoint du Commandement militaire central, et le général David Petraeus, font partie des noms les plus cités pour remplacer Michael Flynn.

Mardi, un autre général, en exercice lui, n'a pas mâché ses mots pour décrire son inquiétude.

« Notre gouvernement continue à être dans une incroyable tourmente », a déclaré le général américain Tony Thomas lors d'une conférence.

Ouest-france

Aucun commentaire:
Votre commentaire
Vous aimerez peut-être × +