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21/02/2016

Le Maroc renonce à l'organisation du 27e Sommet de la Ligue arabe

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Cette décision du souverain marocain intervient au moment où les Palestiniens tombent sous les balles assassines des Israéliens et où la Syrie et la Libye ont sombré dans le chaos.
Un faux bond? Oui, mais pas seulement. Il met surtout en exergue la fracture exacerbée par le monarque alaouite qui risque de faire imploser la Ligue arabe. Cette démarche s'inscrit, en fait, dans le pacte signé par notre voisin de l'Ouest avec les monarchies du Golfe. L'Arabie saoudite, notamment, qui soutient une intervention militaire en Syrie. 

Riyadh et Rabat ont décidé de faire cause commune en ce qui concerne le conflit syrien dans lequel l'Iran ennemi juré de la monarchie saoudienne et la Russie qui en sont parties prenantes, constituent un soutien incontesté au président Bachar Al Assad.

La décision du souverain marocain intervient aussi au moment où les Palestiniens, mains nues, tombent sous les balles assassines des Israéliens où la Syrie et la Libye déstabilisées par les interventions et les expéditions militaires occidentales, ont sombré dans le chaos.
Une autre manière de tourner le dos que confirme une décision royale. «Sur instructions du roi Mohammed VI, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, a informé, ce vendredi (19 février Ndlr), le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Nabil Al Arabi, de la décision du Royaume du Maroc de céder son droit d'organiser une session ordinaire du Sommet arabe», a indiqué un communiqué rendu public, vendredi (avant-hier, Ndlr), par le ministère marocain des Affaires étrangères.
Pour quelles raisons? «Les conditions de succès du Sommet arabe ne sont pas réunies», souligne la même source. La presse marocaine donne plus de détails. «Le déchirement du Monde arabe, dont nombre de pays sont en proie à des guerres fratricides, nécessite en effet une action commune pour arrêter le cycle de violences est-il écrit sur le site du 360.ma. Mohammed VI et Bachar Al Assad, ou son représentant, autour de la même table: inconcevable. Les foudres du Royaume wahhabite se seraient abattues sur le Palais royal marocain. Impossible à imaginer. Pourquoi? Les deux monarchies ont scellé une «alliance stratégique» le 10 février 2016 qui fait de la chute du président syrien une priorité. Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel Al-Jubeir avait indiqué, à cette occasion, que son pays qui était disposé à envoyer des troupes terrestres en Syrie oeuvrait à une solution pour lui «bâtir un avenir sans Bachar-Al Assad».
Le ministre marocain des Affaires étrangères avait de son côté réitéré son soutien total à Riyadh concernant son intervention militaire au Yémen.
Les deux parties considèrent que l'opération «Tempête décisive» a été déclenchée pour défendre l'intégrité de ce pays frère et y restaurer la paix et la sécurité...», avait déclaré Salaheddine Mezouar. Des propos «va-t-en guerre» qui vont a contrario de l'exercice de la diplomatie. Qu'a-t-il obtenu en contrepartie? Le soutien saoudien au projet d'autonomie marocain du Sahara occidental bien entendu. «L'Arabie saoudite salue et soutient l'initiative de SM le roi Mohammed VI relative au plan d'autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine», avait assuré le MAE du Royaume wahhabite. Toutes ces «promesses» devraient être paraphées lors de la tenue de la 13ème commission maroco-saoudienne qui doit se tenir au mois de mai prochain au Maroc. 
En attendant, le souverain marocain est par monts et par vaux pour tenter de faire échec à la visite du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, au Maghreb pour tenter de régler définitivement le conflit du Sahara occidental. Les conflits qui secouent le Yémen, la Syrie, la Libye, déstabilisé l'Irak, la question palestinienne... qui n'ont pas trouvé grâce à ses yeux l'ont disqualifié pour les prendre en charge. Feu Hassan II avait claqué la porte de l'ex-OUA (rebaptisée UA, Union africaine, Mohammed VI claquera-t-il celle de la Ligue arabe? Ce n'est pas à exclure...
Mohamed TOUATI
Source : L'Expression

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