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21/10/2015

Pourquoi Oscar Pistorius est-il libéré après un an de prison seulement ?

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L'ex-athlète, condamné à cinq ans de réclusion pour l'"homicide involontaire" de sa petite amie, est sorti de prison mardi quasiment un an jour pour jour après sa condamnation.

Le champion paralympique Oscar Pistorius, condamné le 21 octobre 2014 à cinq ans de réclusion pour l'"homicide involontaire" de sa petite amie Reeva Steenkamp en 2013, est sorti de prison
ce mardi 20 octobre, quasiment un an jour pour jour après sa condamnation.

A titre de comparaison, l'ancien athlète paralympique avait comparu libre pendant 8 mois lors d'un procès fleuve . Pourquoi sort-il de prison si rapidement ?
Les sorties anticipées, monnaie courante en Afrique du Sud

Oscar Pistorius n'a bénéficié d'aucun traitement de faveur. Il aurait même pu sortir plus tôt : l'ex-champion est resté en prison jusqu'à maintenant, alors qu'il devait sortir sous surveillance judiciaire le 21 août, après avoir purgé dix mois de prison.

La loi sud-africaine prévoit en effet qu'un condamné pour "homicide involontaire" puisse sortir après avoir purgé un sixième de sa peine. C'est le ministre de la Justice, Michael Masutha, qui avait suspendu sa libération estimant que la décision de le laisser sortir avait été rendue "prématurément" et qu'en réalité, la loi autorisait seulement un prisonnier à déposer sa demande de liberté surveillée après avoir purgé un sixième de sa peine.

Cette sortie anticipée n'a rien d'exceptionnel en Afrique du Sud où 60.000 condamnés sont sous le même régime.
Une commission a donné son accord

La première décision de libérer Pistorius avait été prise le 5 juin par la commission des libérations anticipées.

Après l'intervention du ministre de la Justice, une commission d'appel s'est réunie pour réexaminer cette décision. Cette commission a refusé de trancher, et a renvoyé le dossier à la commission des libérations anticipées.

Cet organe est traditionnellement saisi des demandes des condamnés eux-mêmes, ou de leurs avocats. La décision se fonde sur les rapports des psychologues de prison, des travailleurs sociaux et des gardiens. Le prisonnier doit être crédité d'un "bon comportement" pour espérer sortir aussi vite.

Les parents de la victime ont été entendus, mais la commission a décidé de libérer Oscar Pistorius malgré leur avis défavorable.
Pistorius va continuer à purger sa peine sous une surveillance stricte

L'ex-athlète va purger les quatre ans qui lui restent sous stricte surveillance. Il sera partiellement confiné à domicile, et les services correctionnels pourront lui rendre des visites impromptues à toute heure du jour.

L'athlète ayant vendu sa maison pendant le procès, il va probablement résider dans une maison située dans la coquette propriété de son riche oncle Arnold Pistorius, dans une banlieue huppée de Pretoria.

Le condamné peut également se voir interdire toute consommation d'alcool et de drogue, et être contrôlé sans préavis.

Pistorius va probablement devoir accomplir des travaux d'intérêt général. Selon un avocat pénaliste, on pourrait lui demander de travailler au nettoyage d'un hôpital ou d'une morgue. Me Martin Hood avance :
Ils pourraient vouloir le confronter à des cadavres et lui montrer les effets des balles sur le corps humain."

"Si une personne viole d'une façon ou d'une autre les conditions de sa liberté surveillée, selon la nature et la gravité de l'infraction, elle peut être simplement réprimandée, convoquée devant le bureau des libérations conditionnelles, ou remise en prison", explique Logan Maistry, porte-parole des services pénitentiaires.
Pistorius sort de prison… pour peut-être y retourner

La saga judiciaire est loin d'être terminée pour Oscar Pistorius : son procès en appel, à la demande du ministère public, débutera le 3 novembre. Le parquet a en effet fait appel de sa condamnation pour "homicide involontaire" et demandé à ce que les faits soient requalifiés en "meurtre".

La Cour suprême d'appel a plusieurs options : elle peut confirmer le premier jugement, condamner Oscar Pistorius à une peine plus lourde ou renvoyer le procès en première instance.

A.-S.H. avec AFP

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