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17/08/2015

Thomas Cook annule ses voyages en Tunisie jusqu’en février 2016

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Moins de deux mois après l’attaque terroriste sur la plage d’un hôtel de Sousse en Tunisie, l’agence de tourisme britannique Thomas Cook annonce qu’elle annule toutes les réservations vers ce pays jusqu’au 13 février 2016. La décision du voyagiste intervient après que le Foreign Office britannique a, pour la deuxième fois depuis juillet, déconseillé à ses ressortissants de se rendre en Tunisie.
Encore un coup dur pour l’industrie touristique tunisienne. Après les attentats du musée du Bardo à Tunis, le 18 mars, puis dans la station balnéaire d’El-Kantaoui, près de Sousse le 26 juin, qui ont fait 60 morts, dont 31 Britanniques, le voyagiste britannique Thomas Cook a décidé de ne plus
desservir la Tunisie. En prenant cette décision, la célèbre agence n’a fait que s’aligner sur le gouvernement britannique qui depuis le mois de juillet, déconseille la Tunisie comme destination touristique.

Une perte de 28 millions d’euros

Alors que la Tunisie est toujours en état d’urgence en raison de la persistance de menaces d’attentats, Thomas Cook avait jusqu’à présent maintenu les réservations pour cette destination jusqu’au 31 octobre 2015. La décision de tout annuler jusqu’au 13 février 2016 est intervenue samedi 15 août, suite à l’initiative du gouvernement de David Cameron de maintenir ses recommandations aux Britanniques pour qu’ils s’abstiennent de voyager en Tunisie.

Afin de rassurer ses clients déçus qui avaient réservé pour la Tunisie avant le 13 février, le voyagiste a promis que ceux-ci pourront annuler définitivement leur réservation ou choisir une autre destination, le tout sans frais. Ceux qui opteront pour un autre lieu de vacances recherché en hiver, comme les Canaries ou la Turquie, recevront un coupon de 50 £ (70 euros) lors de leur nouvelle réservation, a détaillé Thomas Cook sur son site internet anglais. Les clients qui voudraient enregistrer une nouvelle réservation pour l’été 2015 ou 2016 pourront aussi le faire gratuitement. Ils n’auront rien à régler sauf s’ils prennent un voyage plus cher.

Jusque-là, l’agence Thomas Cook transportait jusqu’à 700 000 vacanciers par an en Tunisie, de toutes nationalités. Les Britanniques appréciaient de plus en plus d’y séjourner au point d’être devenus le deuxième groupe de touristes avec 500 000 ressortissants, juste derrière les Français (720 000).

Dans les jours qui ont suivi l’attaque de la station balnéaire d’El-Kantaoui, Thomas Cook a évacué dans l’urgence 15 000 touristes répartis sur une soixantaine de vols. Le voyagiste estime à 28 millions d’euros la perte de ses bénéfices liés à ses activités avec la Tunisie.

Solidarité ou sécurité

Sur les six millions de visiteurs qu’a reçus le pays en 2014, cette part britannique est loin d’être négligeable. Le secteur du tourisme représente 7 à 8 % du PIB et les conséquences des annulations en cascade pèseront lourd. Selon une évaluation du ministère tunisien du Tourisme, l’impact des récents attentats de mars et juin devrait se monter au minimum à 450 millions d’euros.

Plusieurs pays européens ont joué la solidarité avec la Tunisie dont la transition démocratique est saluée dans de nombreuses capitales. Cela ne les empêche pas comme la France d’appeler ses concitoyens à être « particulièrement vigilants » tout en déconseillant « sauf raison impérative » de se rendre notamment dans certaines régions frontalières.

Vraisemblablement pas convaincu par le nouveau dispositif de sécurité mis en place par les autorités tunisiennes pour protéger les touristes de la menace terroriste, Londres maintient sa position. Le lourd tribut qu’ont payé les Britanniques au terrorisme en Tunisie ne peut qu’inciter David Cameron à placer la sécurité de ses concitoyens au-dessus de tout.

rfi

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