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20/08/2015

Sénégal: le célèbre percussionniste Doudou Ndiaye Rose est mort

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Doudou Ndiaye Rose avait été classé "Tésor humain vivant" par l'Unesco
Le percussionniste sénégalais Doudou Ndiaye Rose est décédé à Dakar à l'âge de 85 ans. Ce véritable chef d'orchestre était capable de diriger plus de cent batteurs à la fois, sur des rythmes différents. Il avait multiplié les collaborations avec des artistes du monde entier.

La rumeur s’est répandue en début d’après-midi mercredi 19 août. Doudou Ndiaye Coumba Rose est décédé un peu après midi dans un hôpital de Dakar suite à un malaise. Il était
âgé de plus de 85 ans, mais un de ses amis rapporte qu’il avait été très affecté par le décès de son ami artiste Vieux Sing Faye 24 heures plus tôt.

La famille, les proches, les voisins, mais aussi des personnalités, comme Youssou N’Dour, sont venus présenter leurs condoléances au domicile de sa première femme, comme le veut la tradition. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de pudeur, mais aussi des cris et des pleurs. Une émotion à la hauteur de sa notoriété artistique, mais aussi de sa personnalité très respectée. Il avait la réputation d’être quelqu’un d’humble et généreux.

C’est surtout ce jeudi qu’on pourra se rendre compte de la réputation de Doudou Ndiaye Rose au Sénégal. Son corps repose dans une mosquée du quartier HLM. Il devrait être inhumé à 11h, heure de Dakar, au cimetière musulman de Yoff où l’on attend une foule considérable.

Le Sénégal a perdu un de ses plus grands ambassadeurs culturels à travers le monde, son maître-tambour qui était classé par l'Unesco « trésor humain vivant ». « Monument », « légende », « percussionniste hors pair », « magicien des tambours », les mots n'ont pas manqué pour qualifié Doudou Ndiaye Rose. A l'annonce de son décès, plusieurs télévisions locales ont bouleversé leurs programmes pour lui consacrer des hommages, diffusant des images de récentes manifestations pour son 85e anniversaire. « Nous avons perdu notre père, notre ami, un grand homme, Doudou Ndiaye Rose », a déclaré à l'AFP un de ses neveux, le chanteur Doudou Ndiaye Mbengue.

Issu d'une famille de griots

Selon la légende, la danseuse et chanteuse Joséphine Baker, de passage à Dakar, aurait prédit à Doudou Ndiaye Rose qu'il serait un jour un « grand batteur ». L'histoire est belle, et la vie de Mamadou Ndiaye, le vrai nom de Doudou Ndiaye Rose, ressemble effectivement à une légende.

Né à Dakar dans un quartier aujourd'hui englouti dans la Médina, ce percussionniste hors pair est issu d'une famille de griots. Même s'il s'initie aux tams-tams traditionnels à l'âge de 7 ans, Doudou Ndiaye Rose travaille d'abord comme soudeur. Repéré lors d'un défilé de tambourinaires le jour de l'indépendance, en 1960, le maître du sabar deviendra chef-tambour des Ballets nationaux du Sénégal.

Sa carrière internationale commence à près de 60 ans, au milieu des années 1980, après une prestation au festival Nancy Jazz Pulsations. En 1989, il fait partie des artistes invités aux célébrations du Bicentenaire de la Révolution française. Ensuite, les collaborations s'enchaînent : avec Peter Gabriel, qui sort l'album Djabote sur son label Real World, ou avec le barde breton Alan Stivell. L’Unesco l’a classé « trésor humain vivant ». Avec la mort de Doudou Ndiaye Rose, c'est à la fois un artiste traditionnel et universel, qui s'éteint.

rfi 

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