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22/08/2015

Fusillade dans un Thalys : Obama salue l'"héroïsme" des Américains

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Un carnage a été évité vendredi dans un train Thalys reliant Amsterdam à Paris lorsque des militaires américains ont maîtrisé un homme lourdement armé.

Deux militaires américains ont été blessés, l'un par balle, l'autre par arme blanche, en tentant de maîtriser un homme en possession d'armes à feu. Il était 17 h 50 quand au moins un coup de feu a été tiré dans le train à grande vitesse Thalys 9364, à
hauteur de Oignies, en Haute Picardie, dans le nord de la France. La section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé qu'elle se saisissait de l'enquête tandis que le Premier ministre belge Charles Michel a parlé d'une "attaque terroriste".

Le suspect, qui était monté à Bruxelles, a été interpellé peu après 18 heures en gare d'Arras et placé en garde à vue. Selon les premiers éléments de l'enquête, il serait âgé de 26 ans, marocain ou d'origine marocaine, et faisait l'objet d'une fiche des services de renseignements. L'homme a vécu en Espagne et avait été signalé par les services de renseignements espagnols à leurs confrères français. "Des sources de l'unité antiterroriste espagnole ont indiqué que ce jeune, qui apparaissait dans les registres comme radical, "a résidé" en Espagne pendant un an, jusqu'en 2014, au moment où il a décidé de déménager en France", écrit le quotidien espagnol El País. "Ces mêmes sources ont précisé que l'auteur de l'attaque a ensuite voyagé en Syrie, avant de retourner peu après vers l'Hexagone", ajoute le journal.
Bernard Cazeneuve reconnaissant et admiratif

Le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu à la gare d'Arras, a exprimé son "admiration" et sa "reconnaissance" envers ces passagers "particulièrement courageux", sans qui "nous aurions peut-être été confrontés à un drame terrible". François Hollande a assuré que tout était "mis en oeuvre pour faire la lumière" sur les faits et qu'il allait "coopérer étroitement" avec le Premier ministre belge dans l'enquête. La section antiterroriste du parquet de Paris est saisie de l'enquête. Le Premier ministre Manuel Valls a également témoigné sur Twitter de son "soutien aux victimes" et de sa "gratitude à ceux qui sont intervenus".

De son côté, le président Barack Obama a rendu hommage aux "actions héroïques" qui ont probablement empêché une "tragédie bien pire", précisant que les États-Unis allaient rester en "contact étroit" avec les autorités françaises pendant l'enquête qui ne fait que commencer. Il a exprimé sa "profonde gratitude pour le courage et la réactivité de plusieurs passagers, y compris des membres de l'armée américaine, qui ont de manière altruiste maitrisé l'assaillant". Le président américain a souhaité une "rapide et complète convalescence" à toutes les victimes de la fusillade.
"Du sang partout"

L'auteur des tirs, qui était en possession d'un fusil d'assaut kalachnikov, d'un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d'un cutter, selon une source policière, a été maîtrisé par deux militaires américains qui l'auraient entendu recharger une arme dans les toilettes. Un troisième militaire américain, qui lui n'a pas été blessé, à participé à la neutralisation du tireur, selon une source proche de l'enquête. Le militaire blessé par balle a été héliporté à l'hôpital de Lille. La deuxième victime, blessée par un coup de cutter au niveau du coude, portant une plaie superficielle et souffrant également d'une fracture au doigt, a été hospitalisé à Arras, selon une source proche du dossier.

Le suspect "était torse nu, assez fin et sec", a décrit Damien, un passager originaire de Paris. Lorsqu'il a tiré, "ça a fait clic-clic-clic, sans faire de coup de feu comme dans les films", a-t-il raconté. "J'ai entendu des coups de feu, sans doute deux, et un type s'est écroulé", a relaté Christina Cathleen Coons, en vacances en Europe. Il y avait "du sang partout", a-t-elle poursuivi. "C'était comme dans un film sauf que c'était la réalité", a témoigné une autre passagère, Arcange Shannon. En descendant du train elle a vu "une personne sur une chaise avec les mains en sang et le visage tuméfié".
Plusieurs attentats déjoués depuis Charlie Hebdo

Les passagers du Thalys, filiale de la SNCF, ont été pris en charge dans un gymnase tout proche de la gare d'Arras. Les passagers ont ensuite été acheminés à Paris, où un premier train est arrivé après minuit à la gare du Nord. Pendant ce temps, la police technique et scientifique a fouillé le train, ne retrouvant qu'une seule douille, selon une source proche du dossier. Les identités des 554 passagers du train Thalys ont été vérifiées et leurs bagages fouillés.

Depuis les attentats du 7 janvier qui ont visé la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo et le supermarché parisien Hyper Casher, faisant 17 morts, un plan de lutte antiterroriste a été mis en place dans tous les lieux publics et considérés comme sensibles en France. Plusieurs attentats ont depuis janvier été déjoués sur le territoire français, selon les autorités, dont une attaque visant une église près de Paris au printemps et un projet d'attaque contre un site militaire dans le sud de la France.

lepoint.fr, avec AFP

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