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26/08/2015

Attaque du Thalys : Pourquoi Facebook a désactivé le compte d'Ayoub El Khazzani

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Le profil a été fermé ce samedi alors que le terroriste présumé était entendu par la police. Ce dernier doit être présenté aux juges antiterroristes en fin de journée, après quatre jours de garde à vue.

Samedi, la page Facebook d'Ayoub El Khazzani, le tireur présumé du Thalys interpellé vendredi et entendu depuis quatre jours par la police, a été désactivée alors qu'il
était en garde à vue. Qui a donc eu accès à son profil? Un éventuel complice? Contactée par Le Figaro, l'entreprise Facebook France a affirmé qu'elle avait elle-même désactivé le profil du jeune homme de 25 ans ce samedi. 

«Conformément à notre politique anti-terrorisme très ferme, le compte a été fermé car il ne respectait pas les conditions générales d'utilisation de Facebook», a affirmé le réseau social, tout en faisant référence à la section «Organisations dangereuses» de sa charte. Sous cet onglet, l'entreprise écrit: «Nous n'autorisons pas la présence sur Facebook d'organisations impliquées dans les activités terroristes et criminelles organisées».

Pour des raisons de confidentialité, le réseau social a toutefois refusé d'en dire plus sur l'origine de cette décision. Le compte a-t-il été fermé à la demande de la police? Ou bien des internautes ont-ils signalé un contenu inapproprié figurant sur le profil? Quoi qu'il en soit, cette information écarte de fait l'hypothèse selon laquelle un(e) éventuel(le) complice aurait désactivé le compte du suspect au moment où ce dernier était entendu par la police.

Actuellement, le compte n'est plus référencé sur Facebook. Mais d'après une copie de la page d'accueil du compte d'Ayoub El Khazzani, circulant sur les réseaux sociaux, son profil indiquait qu'il habitait en Espagne, qu'il était originaire de Tétouan, au Maroc et qu'il avait 79 amis. Sa dernière activité sur le réseau social remonterait au 8 mai 2015, deux jours avant que sa fiche «S» ne «sonne» à Berlin. Ville à partir de laquelle il s'est envolé pour Istanbul, disparaissant des écrans radars des services de renseignements.

 Mardi après-midi, la page Facebook d'une de ses soeurs, qui vit à Bruxelles depuis plusieurs années selon le journal flamand De Standaard, n'était plus accessible, rapporte l'AFP qui avait pu consulter ce matin même le profil qui n'avait pas été actif depuis plusieurs mois.
4343 demandes de données en 2014

Mardi, les enquêteurs tentaient toujours d'éclairer les zones d'ombre qui entourent le parcours du suspect, un jeune Marocain de 25 ans. Photos, amis, messages privés… L'analyse de son profil Facebook pourra peut-être révéler d'éventuelles complicités et mettre en lumière les motivations du suspect. Pour accéder au profil, les enquêteurs doivent au préalable formuler une demande auprès du réseau social et suivre une procédure bien spécifique. 

Selon le dernier rapport semestriel publié par Facebook concernant les affaires criminelles en France, les autorités françaises ont transmis 4343 demandes de données sur toute l'année 2014, dont 2094 demandes entre juillet et décembre 2014. Sur cette dernière période, Facebook y a répondu favorablement dans 42% des cas (environ 890 demandes), le réseau social rejetant les requêtes trop vagues ou imprécises.

Depuis les attentats de janvier 2015, Facebook et Twitter ont renforcé leurs coopérations avec les services de police. Une réunion entre Bernard Cazeneuve et les géants du Web (Twitter, Google, Facebook, Apple et Microsoft) s'est tenue place Beauvau en avril dernier. L'objectif de cette rencontre: donner de nouveaux outils aux policiers français. 

À cette occasion, le ministre de l'Intérieur avait fait plusieurs annonces, parmi lesquelles la mise en place d'un système de signalement simplifié pour faciliter le travail des agents chargés de repérer les contenus violents et leurs auteurs.

lefigaro.fr

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