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24/08/2015

Attaque du Thalys: le suspect réfute l'intention terroriste

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Un train Thalys en gare de Bruxelles-Midi, le 8 décembre 2014 /Reuters (François Lenoir)
Ayoub el-Khazzani est toujours entendu dans les locaux de la Sdap, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, à Levallois-Perret en région parisienne. L'homme qui a blessé vendredi deux passagers dans un train transfrontalier Thalys nie avoir effectué un séjour en Syrie, ce qu'affirment pourtant les services de renseignement espagnols. Après deux jours de garde à vue, il réfute également toute intention terroriste. Sa garde à vue peut se poursuivre jusqu'à mardi.

Un homme chétif et hagard, médusé d'entendre qu'il est accusé d'acte terroriste : voilà l'image décrite
par maître Sophie David, l'avocate d'Ayoub el-Khazzani. « Il est médusé du caractère terroriste qui est attribué à son action, tentative d'assassinat. Lui me dit que non. Parce que pour lui, il n'y a pas eu de coup de feu, il dit que la kalachnikov n'a pas fonctionné et qu'il a été maîtrisé immédiatement sans qu'un coup de feu ait été tiré », confie le défenseur du suspect, qui précise que son acte serait inspiré par des besoins d'argent.

El-Khazzani assure avoir trouvé par hasard dans un parc bruxellois une valise qui contenait une kalachnikov et un téléphone. Et il aurait eu l'idée de s'en servir pour braquer et rançonner les passagers du Thalys Amsterdam-Paris. « Il dit que providentiellement, il a trouvé une valise avec une arme. Lui ne parle que de la kalachnikov, avec un téléphone dans cette valise, cachée dans le jardin public qui se trouve juste à côté de la gare du Midi à Bruxelles. Donc, il a pris les armes et il est monté dans ce train, pour effectivement rançonner les passagers et il pensait ensuite, en tout cas c'est ce qu'il déclare, sauter par la vitre du train pour s'échapper. »

Une histoire farfelue, qui pourrait être une stratégie, selon des spécialistes de la lutte antiterroriste, pour qui il s'agit avant tout de nier toute implication dans un acte terroriste, afin d'alléger la peine encourue. Mais le calcul ainsi prêté à Ayoub el-Khazzani est « assez naïf », fait remarquer Claude Moniquet, conseiller de plusieurs gouvernements en matière de sécurité. « Comment faire croire à un braquage dans un train ? C'est une idée absurde », selon M. Moniquet. « Qu'aurait-il fait une fois qu'il aurait sauté par la fenêtre, au milieu des champs avec sa kalachnikov et son sac plein d'argent ? On a du mal à visualiser. »

Qui est donc réellement el-Khazzani ? Un électron libre inspiré par la cause jihadiste ? Ou fait-il partie d'un réseau ? Le suspect nie avoir voyagé en Syrie, ce qu'affirment pourtant les services de renseignement espagnols. Son profil d'islamiste radical repéré par quatre pays européens (France, Espagne, Belgique, Allemagne) oriente néanmoins sur la piste d'une attaque terroriste. Mais selon leurs propres termes, les enquêteurs des services antiterroriste à Levallois-Perret se heurtent toujours à une « tête de mule ».


rfi

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