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18/07/2015

Aïd el fitr, enfin...

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De tous les actes d’adoration, les plus dénués de sens mais aussi les plus ennuyeux sont ceux qui, au fil des générations, ont perdu tout leur symbolisme religieux pour n'être plus qu'un simple phénomène culturel ; un phénomène que l'on respecte non pas par conviction, mais seulement pour ne pas blesser les convenances, quitte à donner, sans vergogne, dans la plus répugnante des hypocrisies.

Scènes de bagarres de rues pendant le mois de ramadan
C'est aujourd'hui l'Aïd el fitr - entendez : la fête de la rupture du jeûne ! Fini donc les visages renfrognés tels des gueules de cadavres exhumés ! Fini les joutes verbales et les colères explosives ! Fini surtout les bagarres sporadiques, transformant les rues en un champ de bataille où le danger vous guette à chaque coin de rue ! Fini les automobilistes écervelés, le regard terrible et la bouche amère, qui sont à deux doigts de vous écraser ! Fini les coups de klaxons assourdissants aux heures de pointe et la vitesse excessive des chauffards jeûneurs ! Fini les prières et les salamalecs du bout des lèvres... Il était temps ! Fini donc
l'hypocrisie...

Le ramadan, mois béni d'abstinence, de retenue, d'adoration, de bienfaisance et de valeurs morales, n'est finalement plus aujourd'hui que trente jours de faim diurne et de gavage nocturne, où l'incontinence, la luxure... poignent dès l'évanescence des dernières lueurs du jour ; sketchs, feuilletons et films aux mœurs dépravées viennent s'accaparer le petit écran jusqu'à l'aube naissante, laissant, entassés et déjà roupillants dans leurs salons, les jeûneurs gavés du lendemain !

Le ramadan n'est finalement qu'une loupe grossissante périodique venant mettre à nu, en les exacerbant, les tares, les travers et, surtout, les hypocrisies d'une société déchirée entre un enracinement quasi inexistant et une ouverture dévorante, où les préceptes religieux ont perdu, depuis belle lurette, leur véritable fonction de régulateur des mœurs !

Mais... c'est l'Aïd el fitr ! C'est la délivrance : une délivrance passagère, certes ; mais une délivrance tout de même... du moins, jusqu'au prochain mois de ramadan ! Bonne fête !

[+ Abdoulaye Jamil Diallo]

La publication de ce billet sur Agoravox a donné lieu à des réactions assez passionnées, allant quelquefois jusqu'à prendre le contre-pied de ce qui, réellement, était mon intention, ma pensée, au moment de sa rédaction ! J'ai donc dû en demander la suppression à travers un message que je vous reproduis ci-dessous :

" Chers amis,

Suite aux nombreux commentaires désobligeants, racistes et incitant à la haine suscités par une lecture biaisée tendant à dénaturer mes propos et à leur prêter une signification qui n’a nullement effleuré ma pensée, je viens respectueusement, par la présente, solliciter auprès d’Agoravox une prompte suppression de mon billet-coup de gueule intitulé « Aid el fitr, enfin... », afin de mettre un terme à cette polémique devenue raciste dont - sans en avoir nullement eu l’intention - j’ai été, malgré moi, l’instigateur.

Je présente, par la même occasion, mes excuses sincères aux uns et aux autres, en l’occurrence tous ceux qui se seront sentis vexés, insultés, ciblés ou touchés dans leur dignité, fût il pour défendre leur foi ou leur liberté d’expression... A vous tous, je présente mes sincères excuses.

Mes propos étaient assez critiques sans doute, mais des critiques - faut-il le dire - que je voulais constructives, sans nullement donner lieu à une stigmatisation systématique de toute une communauté ! Car je reconnais par ailleurs qu’il existe aussi – et Dieu sait que j’en connais moi-même – des hommes et des femmes sincères dans leur foi et leur pratique des rites et préceptes religieux islamiques.

Mon propos était d’ailleurs de susciter une prise de conscience de ceux qui sèment la pagaille pendant ce mois béni, afin qu’ils fassent leur propre autocritique, en prenant exemple sur leurs coreligionnaires soucieux tant de la pratique exemplaire de leurs rites religieux que du respect des fondamentaux civiques qu’impose la vie en société.

En espérant que les uns et les autres feront l’effort de comprendre ma motivation, je réitère donc ma demande pour une suppression prompte et définitive de ce billet.

Bien cordialement,

Abdoulaye Jamil Diallo "

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